Napster, dix ans plus tard

Le 24 septembre 2001, les tribunaux américains condamnaient Napster à verser un grand total de 36 millions $US aux créateurs et ayant-droits qu’on estimait avoir été floués par le service, pionnier du P2P, qui permettait à ses usagers de s’échanger des fichiers mp3. Évidemment, ce jugement historique a tout réglé les problèmes de l’industrie, ainsi que la suite des choses nous l’a démontré.

Trève de cynisme. Je me souviens de la première fois que j’ai eu contact avec Napster. Soirée d’amis dans le salon chez Mathieu, il avait déplacé son ordi à côté du système de son exprès pour pouvoir profiter de cette invention: le juke-box illimité! On cherchait une chanson, clic-clic-clic, et 20 minutes plus tard (wow!), elle était sur le disque dur, prête à être écoutée. Il y a dix ans, tout le monde qui profitaient du service pensaient la même chose: plus besoin d’acheter de CD.

Ça me fascine encore de me dire que les seuls qui n’avaient pas réalisé les implications de Napster – ou, plutôt, de l’invention du format mp3, au début des années ’90 – furent les gens de l’industrie de la musique. Quand même, à la décharge de celle-ci, il faut bien rappeler qu’en 1998, la RIAA avait envoyé une injonction à Diamond Multimedia pour l’empêcher de commercialiser le RIO PMP300 (le deuxième baladeur mp3 offert sur le marché) prétextant que ce genre d’appareil incitait les internautes à télécharger, illégalement, des chansons sur le web et que, par surcroit, Diamond n’avait aucune intention de rétribuer les ayant-droits. Les tribunaux californiens avaient rejeté l’injonction, et Diamond a pu vendre 200 000 exemplaires de son premier modèle (32MG de mémoire!).

Toujours est-il que pour souligner la chose (et pour faire suite avec mon précédent post), la chaîne publique américaine NPR a diffusé, durant son émission On the Media, un intéressant reportage d’une douzaine de minutes qui remet en contexte la fermeture de Napster et jette un regard sur la situation, dix ans plus tard.

Et comme on l’écrit chez Wired (où j’ai trouvé le reportage), « The future of music over the next ten years depends on finding the right mix between “free” and “paid,” [...] without asking [the fans] to subsidize the industry’s return to CD era profits. »