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Gully VS Gaza: Trève dans la guerre civile et musicale

Gully VS GazaParu dans La Presse/Cyberpresse samedi dernier, mon papier racontant l’hallucinante rivalité entre les deejays Mavado et Vybz Kartel, rivalité dont même ses protagonistes ont perdu le contrôle. L’histoire continue de se développer; selon les médias jamaïcains, la rencontre « au sommet » des deux artistes dans le bureau du Premier Ministre Golding – un meeting qui a suscité la controverse- aurait débouché sur un « plan de réconciliation » en cinq points. 1) Participer, avant Noël, à un événement public pour concrétiser cette réconciliation, 2) Enregistrer un single ensemble, 3) Promettre la tenue d’un spectacle conjoint, 4) Parrainer une campagne de nettoyage des graffitis Gaza (le clan Vybz Kartel) et Gully (Mavado) à la grandeur de l’île et 5) Faire la promotion de T-Shirts annonçant la trève entre les artistes.

En complément au papier, voici le clip des premiers signes de la réconciliation. Notez la tension qui flotte, dans le regard de l’entourage des deux artistes, qui toisent la foule au moindre mouvement…

Jamaïque: Trève dans la guerre civile et musicale

Dans un geste réclamé par les autorités policières et gouvernementales, les deux plus importantes star du dancehall jamaïcain, Mavado et Vybz Kartel, sont apparues ensemble sur une scène de West Kingston, dimanche soir dernier, à la surprise de leurs fans respectifs. Les deux grands rivaux signifiaient ainsi la nécessité d’une trève pour que cesse la quasi guerre civile qui oppose leurs supporteurs respectifs. Histoire d’une guéguerre musicale devenue crise nationale.

Il s’agit du geste de paix le plus significatif en Jamaïque depuis le One Love Peace Concert d’avril 1978, alors que Bob Marley invitait à la réconciliation les rivaux politiques Michael Manely (du People’s National Party) et Edward Seaga (du Jamaican Labour Party) à se serrer la main devant 32 000 spectateurs. Incidemment, le Ministre de l’information Daryl Vaz a confirmé mercredi dernier qu’un « concert de la paix » réunissant Mavado et Vybz Kartel serait bientôt organisé.

Le geste était devenu nécessaire devant la montée de violence généralisée entre les adhérants aux « tribus » rivales, Gully, associée à Mavado, et Gaza, à Vybz Kartel. Mardi dernier, les deux artistes ont été convoqués au bureau du Premier Ministre Bruce Golding, à la demande celui-ci, pour qu’ils conviennent tous deux de cesser les hostilités verbales via leurs chansons et les médias. Les ministres de la Sécurité nationale et de l’éducation, ainsi qu’un influent évêque, ont également assisté à la rencontre.

La rivalité, très médiatisée, a pris des proportions démesurées qui inquiètent la population et met les autorités sur les dents. Ces derniers mois, l’île a été tapissée de graffitis identifiant les quartiers aux deux clans rivaux. Dans les régions les plus chaudes, les autorités ont associé une recrudescence de gestes violents à la rivalité entre les deux musiciens; on craint justement que cette année, le nombre de meurtres commis en Jamaïque dépasse les 1650, en hausse par rapport à 2008.

La guerre Gaza-Gully a aussi atteint les écoles où des revendeurs illégaux faisaient le commerce d’écussons et de drapeaux à l’effigie des stars. Même le sprinter Usain Bolt a commis l’impair – pour un modèle de sa stature – de s’immiscer dans le conflit, avouant sa préférence pour Vybz Kartel!

Le « clash » du siècle

Les rivalités – les « clashs » – font partie intégrante de la culture dancehall, comme dans le hip hop d’ailleurs, à l’image de la tragique mais légendaire rivalité entre les rappeurs Tupac (Côte Ouest) et Notorious B.I.G. (Côte Est). Celle opposant les clans Gully et Gaza a germé il y a près de trois ans, par une poignée de chansons dénigrant l’adversaire.

Dans le coin gauche, le sing-jay (chanteur plus que rappeur) Mavado, personnalité forte à la voix mélancolique et grave et aux thèmes souvent violents, auteur du hit Neva Believe You (pour ne nommer que lui), l’une des chansons marquantes de l’année dancehall. Dans le coin droit, le controversé deejay Vybz Kartel, habile rimeur à l’énergie qui contraste avec celle de son adversaire. Son hit marquant? La salace, presque pornographique, Ramping Shop, qui a par ailleurs forcé le gouvernement à bannir des ondes les chansons à caractère sexuel.

La dangeureuse rivalité a gagné en importance il y a un an, lors du légendaire événement annuel Sting, organisé le soir du Boxing Day. Cette grande fête dancehall est l’arène de toutes les rivalités, le spectacle où sont faites, et défaites, des carrières et des réputations.

Or, suite à un verdict partagé, Mavado avait été donné vainqueur du clash contre Vybz Kartel, qui s’était employé dans les semaines suivantes à raviver les hostilités. Cette année, les organisateurs de Sting, sous pression de la police, ont menacé de ne pas les inviter s’ils n’en venaient pas à un véritable « accord de cessez-le-feu ».

Au cours des derniers mois, les deux protagonistes de la guerre Gully-Gaza avaient timidement condamné les actes de violence attribués à leur rivalité musicale, soulignant plutôt qu’entre eux, aucun geste physique n’avait été commis. « Tout ça n’est que de la musique, a déploré Mavado, et je regrette que certains fans aient pris ça trop au sérieux ».
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Dans La Presse: Apple s’offre Lala.com

Voici la version non-éditée du papier paru aujourd’hui dans La Presse et sur Cyberpresse, Apple s’offre Lala.com

Apple s’offre Lala.com: bienvenue sur le « nuage »

Les nouvelles concernant Apple sont rarement anodines, et cette dernière acquisition ne fait pas exception. Vendredi dernier, le Wall Street Journal a confirmé les rumeurs voulant que le géant de l’informatique se portait acquéreur du service de diffusion et de distribution musicale en ligne Lala.com, pour une somme indéterminée.
À l’origine en 2006, Lala.com était une plate-forme d’échange de CD usagés qui, dès l’année suivante, a migré vers un service de téléversement de fichiers mp3 et d’écoute en ligne. Depuis, ses usagers peuvent y téléverser leurs fichiers musicaux pour en faire l’écoute, acheter des fichiers mp3 ou, pour une fraction du prix (0,10$), acheter le droit d’écouter, en streaming, une chanson du catalogue de 8M de titres du service.
Lala.com a conclu des ententes avec les majors de l’industrie du disque, cependant non-transférables à de nouveaux acquéreurs. Plus récemment, Lala.com était cité dans cette nouvelle alliance entre Google et d’autres plates-formes pour former Google Music, uniquement disponible aux internautes américains. Lala.com est également présent sur Facebook.
Les analystes ont offert une panoplie d’explications pour justifier cet achat, que le Wall Street Journal a qualifié de « vente de feu ». La majorité d’entre eux pointent en direction du « nuage » (cloud), terme employé pour qualifier des outils, des applications et des données disponibles sur le web plutôt que storés sur le disque dur de son ordinateur personnel.
Or, pour certains, cette acquisition indique qu’Apple pourrait être tenté d’offrir un service de diffusion à la carte, selon un modèle de paiement mensuel déjà adopté par Microsoft (la Zune Pass), Rhapsody et d’autres.
Toutefois, selon le New York Times, qui cite une source anonyme proche du dossier, Apple serait plutôt motivé par l’acquisition de l’expertise des ingénieurs et programmeurs de Lala.com, qui pourraient développer pour Apple un service de storage en ligne permettant aux clients d’Apple/iTunes Store d’avoir accès à leur discothèque n’importe où, n’importe quand, via le web.
L’acquisition de Lala.com par Apple survient alors que la notion de « nuage » fait réfléchir les observateurs, notamment parce que l’actualité musicale est fébrile sur ce front: inauguration de Google Music, arrivée imminente du service Spotify sur le marché nord-américain, lancement de la version revampée du service de réseautage social et musical MOG (le MOG All Access, buffet musical ouvert à 5$/mois), l’achat récent de iLike par MySpace, etc.
Ainsi, les plus optimistes voient dans le « nuage » une planche de salut pour l’industrie de la musique, une avenue plus viable que le commerce des fichiers mp3 à 0,99$/pièce – monétariser l’accès à la musique, plutôt que l’achat de celle-ci.
Ce « nuage » serait tout désigné pour les utilisateurs de l’iPhone, qui sauraient avoir accès à leur discothèque en tout temps grâce à internet. D’ailleurs, Lala.com confirmait il y a quelques semaines qu’une application iPhone/iPod Touch était sur le point d’être lancée.
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