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Musique libre du jeudi (en retard…)

À la recommandation de l’ami Michel Dumais, je prendrai l’habitude (lorsque le temps me le permettra, et permettez-moi déjà ce premier retard) d’afficher ici les chansons que je lui recommande hebdomadairement depuis presque trois ans déjà.

Récapitulons: Michel anime, tous les jeudis, 13h, sur CIBL 101,5 FM, l’émission Le Citoyen Numérique (« Au coeur des technologies, le citoyen »), excellente émission radiophonique traitant des enjeux relatifs aux nouvelles technologies qui marquent la société – une émission, dis-je en passant et avec parti-pris, qui remplit admirablement bien le mandat d’information de cette CIBL que j’aime tant, et qui manque tout autant à la grille de programmation des grands médias.

Bref, depuis presque trois ans, je recommande – plutôt, j’impose…- une brève sélection de musiques dites « libres », c’est à dire qu’elles sont enregistrées par des artistes qui souscrivent à la licence Creative Commons (« Certains droits réservés »), ou qui choisissent librement de la partager, gratuitement, aux internautes mélomanes. C’est cette sélection de trois chansons que j’entends vous relayer ici, à tous les jeudis ou presque. Here goes:

1) Magic Wand – Warrior (The XX remix)

D’abord, la source. RCRDLBL.com est une indispensable mine d’or de (plus ou moins) bonnes tounes. La plate-forme, fondée par un des patrons de Endgadget et un autre du label Downtown Records, est une sorte de buffet ouvert sur l’indie qui cherche à se vendre. Comme dans tout bon buffet, on en prend et on en laisse. Reste que RCRDLBL a sa propre ligne éditoriale, si on peut dire, et fait preuve d’assez bon goût. De plus en plus de bons artistes choisissent d’y déposer des chansons en avant-première de la parution de leurs disques. Dit autrement, ça vaut la peine d’aller y faire un tour, plusieurs fois par semaine. Ces dernières heures, The Besnard Lakes, Gorillaz, Mobius Band, Bonobo et Miike Snow y ont offert des mp3. Ça donne bonne mine à votre iPod.

Magic Wand, donc. Jeune duo indie pop, pas encore d’album, mais un sacré beau coup de pouce de The XX, qui remixe sa chanson Warrior. Évidemment, on télécharge pour The XX. Quant à Magic Wand, on attendra l’album pour se faire une idée.

2) Die Antwoord – Fishpaste Jar

Aaah… Die Antwoord. S’il faut être d’actualité, impossible de passer outre le phénomène web musical de la semaine, le trio crunk/rave/rap sud-africain Die Antwoord. BoingBoing a d’abord attaché le grelot sur ces prétendus rednecks de Capetown (on dit « Zef », là-bas…), la blogosphère a vite pris le relai, Pitchfork a fait un efficace résumé de cette bibite. En résumé: un grand maigre et mal tatoué, le Ninja, vétéran de la scène hip hop sud-africaine, vient de trouver le bon filon en s’associant au producer DJ Hi-Tek (le nom avait déjà été pris, mais c’est pas grave) et à la cute et vulgaire Yo-Landi Vi$$a. Ça donne des chansons débiles et addictives comme Enter the Ninja, qui a été visionnée plus d’un millions de fois sur YouTube en, genre, une semaine. Fish Paste est offerte gratuitement en téléchargement sur leur site web. Le trio, dont on questionne l’authenticité, se magasine un label pour lancer ce premier album, qui s’échange déjà sous le manteau…

3) Derrick Hart – Emporia

Ambiant music, fort bien faite. Du pur Creative Commons. Offert sur un label à bookmarker: RestingBell.net, basé à Berlin.

Dans le merveilleux monde des netlabels, la musique électroniques est reine. Y’en a treize à la douzaine, mais la majorité sont d’une fraîcheur discutable. RestingBell n’a que du bon à offrir aux amateurs de musique ambiant/avant-garde. L’Américain Derrick Hart offre un EP de cinq titres, Fall Asleep To This, dont la facture sonore évoque celle de Susumu Yokota: les textures granuleuses, les voix trafiquées et assemblées, les mélodies imposées plus que suggérées. Très agréable.

Sur ce, je vous invite à repasser jeudi prochain (ou vendredi, ou samedi…). Bonne écoute!

À vendre: Abbey Road Studios (version intégrale)

Publié aujourd’hui dans La Presse/Cyberpresse, papier sur les déboires d’EMI/Terra Firma, ici en version intégrale.

Les studios Abbey Road, probablement les plus mythiques studios d’enregistrement au monde, seraient bientôt mis en vente par son propriétaire EMI, rapportait hier le Financial Times. La vente alléguée du légendaire studio où ont été conçus des classiques des Beatles et de Pink Floyd est symptômatique des graves difficultés financières rencontrées par EMI qui, selon les observateurs, pourrait bientôt passer entre les mains de Warner Music Group.

La société britannique EMI n’a toujours pas confirmé la nouvelle rapportée par la publication spécialisée Financial Times, qui cite cinq sources différentes au fait du dossier. Le quotidien britannique n’a pas été en mesure d’affirmer que le major de l’industrie du disque liquidera aussi la marque de commerce Abbey Road en même temps que l’édifice, sis au 3 Abbey Road du district St-John’s Wood, dans le nord ouest de Londres.

Les motivations derrière cette éventuelle vente, elles, ne font cependant aucun doute. Terra Firma, la firme d’investissement privée britannique qui a acquis EMI en 2007, n’arrive plus à rembourser la dette du major de l’industrie du disque. Les pertes estimées d’EMI s’élèvent à 1,75 milliards de livres (2,88 millards $CAN), une situation pourtant plus rose qu’au moment de l’acquisition de la compagnie. Terra Firma doit trouver près de 200 millions de $CAN d’ici l’été prochain, à défaut de quoi le contrôle d’EMI sera repris par la banque américaine Citigroup, à qui on prête l’intention de la revendre à Warner Music Group.

Lors du rachat du major il y a près de trois ans, Terra Firma avait procédé à une vaste réduction de ses dépenses, réussie notamment grâce à une vague de mises à pied. L’automne dernier, une nouvelle vague de compression de postes avait été observée aux États-Unis, précisément auprès des labels dirigés par EMI, tels Capitol, Virgin et Blue Note. Aucune nouvelle compression n’avait touché les employés d’EMI au Canada ces derniers mois.

EMI, quatrième plus importante major de l’industrie du disque mondiale – derrière Universal Music, Sony-BMG et Warner Music Group- est dans la mire de Warner Music Group. Son patron, Edgar Bronfman Jr., n’a jamais caché son intention d’acquérir son concurrent. D’ailleurs, la semaine dernière, Bronfman affirmait au Business Week qu’une nouvelle acquisition majeure dans cette industrie du disque mal en point serait, à son avis, approuvée par les différentes instances régulatrices.

L’édifice du 3 Abbey Road a été converti en studio à la fin des années ’20; utilisé à l’époque par les orchestres classiques, il a été adopté par les artistes rock dès les années ’50. Il est devenu lieu de pèlerinage pour les mélomanes depuis que les Beatles ont baptisé un de leurs albums en son honneur, un disque illustré par cette fameuse photo où les quatre membres traversent la rue devant les studios.

Au printemps 1967, trois classiques du rock britannique y étaient enregistrés en même temps: Piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd (Dark Side of the Moon a aussi été enregistré là), Odessey & Oracle de The Zombies et Sgt.Pepper’s Heart Club Band des Beatles. Radiohead (The Bends) et Oasis (Be Here Now) ont aussi utilisé les fameux studios.
Le prix estimé pour Abbey Road Studios pourrait atteindre « plusieurs dizaines de millions de livres », indique le Financial Times.

Avec l’aide du Financial Times, Associated Press, Business Times, The Times
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