Google Music Service: version longue
Voici la version longue du texte Google raffine la recherche de musique en ligne, publié sur La Presse/Cyberpresse, hier et aujourd’hui. De plus, je suis allé rendre visite, hier, à l’ami Michel Dumais durant son émission Citoyen Numérique, sur CIBL, pour discuter des enjeux de cette annonce. J’ajouterai le lien audio lorsque (si?) il sera disponible.
Google raffine la recherche de musique en ligne
Le moteur de recherche Google a confirmé jeudi soir dernier qu’il raffinera ses résultats de recherche spécifiques à la musique grâce Google Music Search. Pour y parvenir, le géant du web jouera les chefs d’orchestre devant une alliance d’entreprises spécialisées en contenu musical en ligne, avec la bénédiction des quatre majors de l’industrie du disque, Universal, Sony-BMG, EMI et Warner.
Les internautes états-uniens seront les premiers à pouvoir bénéficier de ces nouvelles fonctions. En résumé, lorsqu’un usager effectuera la recherche d’un artiste, d’un album ou d’une chanson sur Google, le moteur de recherche proposera, en tête des résultats, d’écouter une sélection d’enregistrements de l’artiste, des images, des clips, des informations (biographies, dates de concerts), les paroles de chansons, et même des liens pour pouvoir acheter les enregistrements.
Ainsi, pour écouter une chanson (en streaming), une petite fenêtre s’ouvrira, laquelle comportera notamment un lien vers une boutique en ligne. Ce sera une façon « simple, rapide et intuitive » de trouver de l’information et de découvrir la musique, proposant « une expérience musicale totale à même Google ».
La pertinence d’un tel service se justifie aux yeux de l’entreprise américaine parce que « les informations relatives à la musique, et même les paroles de chansons, comptent parmi les dix sujets les plus recherchés sur Google », indiquait en conférence de presse Marissa Mayer, vice-présidente aux produits de recherche de Google, qui ajoutait que Google Music Service est la suite logique des Google Images, Books et Maps déployés ces dernières années.
Ainsi, ce qui frappe d’abord dans cette annonce, c’est le nombre de joueurs impliqués dans la mise en place de ces nouvelles fonctions de recherche: MySpace (qui a récemment fait l’acquisition de l’outil iLike), LaLa.com (générateur de listes de lecture et boutique en ligne), Gracenote (qui collige l’information sur les enregistrements), Imeem (plate-forme de diffusion musicale), Pandora (webdiffuseur et outil de recommandation musicale) et Rhapsody (boutique en ligne), en plus des quatre majors.
Plusieurs interrogations subsistent suite à cette annonce, notamment la question des ententes monétaires en jeu – comment seront partagés les revenus publicitaires entre les majors?- et si une valeur est accordée à la diffusion en ligne, gratuite, des chansons autorisées. Qualifiée de « plate-forme ouverte » par les dirigeants de Google, le service de recherche spécialisé pourrait être amélioré dans l’avenir, et le géant américain envisage de rendre disponible ses nouvelles fonctions à d’autres pays.
L’alliance stratégique ravissait particulièrement ses deux principaux partenaires, MySpace et LaLa.com. Le premier, qu’on disait moribond depuis la fulgurante montée en popularité du concurrent Facebook, est déterminé à recentrer son mandat sur les services musicaux, seul élément encore pertinent de sa plate-forme. Son acquisition de l’outil iLike s’avère aujourd’hui judicieux. Quant à la boutique LaLa.com, bien conçue mais méconnue, elle profite elle aussi désormais d’une visibilité non-négligeable.
Absents de l’alliance sont les deux plus importants joueurs du commerce légal de fichiers musicaux, Apple et Amazon.com. Or, le geste de Google & associés semble surtout vouloir couper l’herbe sous le pied de Facebook, qui a récemment intégré une boutique de musique en ligne à son service de réseautage social, et surtout Microsoft, qui peine à imposer sa marque Zune sur le marché. De plus, les rumeurs lui prêtent l’intention de lancer un service de webdiffusion musicale à la carte, gratuit et illimité, à l’image de Spotify, qui se fait attendre en Amérique du Nord.
Enfin, les critiques ne manqueront pas de souligner que, malgré toutes les bonnes intentions de Google Music Service, le moteur de recherche continue d’indexer les liens vers les fichiers .torrent et autre sites de stockage de données (RapidShare, MediaFire et cie) permettant en quelques clics de télécharger, rapidement et illégalement, des albums complets…
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